Comment je suis tombée dans la marmite de l’équitation éthologique

Comment je suis tombée dans la marmite de l’équitation éthologique

J’aime les chevaux  et les relations humaines qu’ils révèlent.

Le cheval est une vocation depuis mon plus jeune âge : 4 ans.

J’ai été mise toute petite au contact des chevaux.

J’ai débuté l’équitation en poney-club « poneys-loisirs » à l’âge de 6 ans.

J’étais mordue et passais mes temps libres à participer à la vie du club équestre.

J’ai débuté ma formation authentique en Natural Horsemanship (équitation éthologique en français) il y a 14 ans !

Deux expériences malheureuses m’ont dirigé vers le choix de l’équitation éthologique :

  • les déboires de mon père avec son trotteur Français « Eole », cavalier amateur il manquait de formation pour posséder ce cheval chez lui ; Eole était jeune ( « à jeune cheval vieux cavalier »), seul au prés, il s’échappait régulièrement en sautant sa clôture en bois. C’est pourquoi mon père l’a revendu quand j’avais 3 ans et demi. J’ai souffert de cette séparation.
  • l’acquisition de mon premier poney à l’âge de 12 ans et avec un galop 4: un poney welsh de 4 ans et demi du nom de « Sicaboy Bretz ». J’avais une bonne relation avec lui et cependant j’étais sur « un siège éjectable ». Mes parents ont eu peur et ils m’ont demandé d’aller revendre mon poney au marché aux bestiaux, à Fougères, là où je l’avais acheté. Me voilà séparé de mon compagnon au bout d’un an…à mon grand regret et à ma grande peine.Je ne l’ai jamais revu et je pense toujours à lui, mon premier cheval.J’ai une nouvelle fois souffert de cette séparation.

A partir de là je me suis dit plus jamais cela, il y a sûrement des connaissances et techniques à acquérir pour éviter de répéter cette situation de devoir me séparer d’un cheval.

J’ai alors continué de prendre des cours en centre équestre pour augmenter mon niveau en équitation et je me suis documentée pour parfaire mes connaissances équestres.

A l’âge de 14 ans et demi j’ai débuté un élevage familial de chevaux.

Je voulais choisir une race française et j’ai eu le coup de cœur lors d’une excursion dans les Alpes, à Saint Martin Vésubie, pour le cheval que je montais dans la montagne : le cheval de Mérens.

Originaire de la haute vallée de l’Ariège, dans les Pyrénées, le cheval de Mérens présente une étonnante convergence morphologique avec les chevaux magdaléniens (13 000 ans) représentés dans la grotte de Niaux. Peut-être ces derniers sont-ils les prestigieux ancêtres du cheval actuel ?

Ce berceau de race a su conserver, grâce à des éleveurs très attachés à ce type de cheval rustique, polyvalent et domestiqué de longue date, une population suffisante, élevée en race pure, et utilisant la transhumance en estives. L’utilisation de ce petit cheval de trait agricole a perduré jusqu’aux années 1970.

C’est donc cette pure race de cheval français proche du cheval d’origine, qui, alors, était méconnue et en voie de disparition dans les années 90 et qui est actuellement toujours menacée (284 naissances en 2013 contre 700 en l’an 2000, en France), que je décidais de choisir pour vivre ma passion du cheval.

Ma première poulinière se nommait Scédie. Mon poney, mini shetland, Bianca Daisy, acquise un an avant, allait devenir sa compagne de prés.

Scédie par Orchédie d’Uscla et Kouchi est à la base de mon élevage de Mérens et de mon éducation en natural horsemanship ( savoir faire et savoir être naturellement autour du cheval).

J’ai appris à observer, à ressentir, à soigner et à éduquer mes jeunes chevaux avec la pratique dans la réalité de la vie quotidienne (nourrir, panser, surveiller, manipuler, éduquer, soigner, travailler, monter, présenter en concours et fêtes du Cheval, transporter, …

A l ‘époque le Mérens était méconnu en Bretagne et j’ai participé à de nombreux concours d’élevage pour les présenter.

Au « feeling » j’ai effectué mon premier débourrage à l’âge de 17 ans : il s’agissait du débourrage de ma première pouliche « Danaïde Star ». Mes parents m’ont demandé de la vendre pour que je devienne capable de vendre un cheval de mon élevage et de devenir, ainsi, une professionnelle du cheval, ce que j’ai réussi à faire après son débourrage.

C’est tout de même le cœur lourd que je l’ai vendue et je lui ai trouvé une gentille famille amatrice de chevaux Fjord et Mérens.

Les premières années de sa vie au sein de sa nouvelle famille, j’ai reçu régulièrement de ses nouvelles et je lui ai rendu de nombreuses visites «  de contrôle », d’aide et de conseils qui m’étaient demandés.

A vingt ans j’ai créé l‘association Sherpa Bretagne pour promouvoir le cheval de Mérens en Bretagne. J’en ai été élue présidente pendant 14 années ce qui est très long. Notre « perle noire française », le Prince Noir d’Ariège, m’a aidé à grandir.

Au lycée j’ai suivi la formation scientifique parce que je voulais devenir soit vétérinaire équin ou éleveur, entraîneur, ou enseignant en équitation. Cette formation générale me permettait un large choix de formations possibles après mon bac S option science et vie de la Terre.

Je décidais finalement de suivre une formation dans la filière équine en suivant la formation BTS ACSE (analyse et conduite des systèmes d’exploitation agricole) option élevage et valorisation du cheval de sport au CFA de Pommerit Jaudy (22). C’est pendant cette formation que j’ai foulé le sol des USA pour la première fois lors de mon stage en centre équestre en pays anglophone.

C’était dans le Wisconsin, au Centre Equestre « Appy Orses Acre » (AOA) , chez Bernadette RUCKDASHEL, ma maîtresse de stage et propriétaire gérante du Centre Equestre AOA Durant mes deux années de BTS, j’ai aussi préparé et obtenu mon galop 7 en dressage, CSO et cross. Ce prérequis était nécessaire à l’entrée en formation BEES 1°.

J’obtenais également mon BAFA en Novembre 1998. Et durant deux étés j’ai pu animer des stages en équitation sur poneys en poney-club.

Intéressée par de nombreuses disciplines équestres et pour parfaire mes connaissances j’ai suivi de nombreuses formations :

  • dressage, avec Bettina DRUMMOND, élève de Nuno OLIVEIRA, l’Ecuyer du 20ème siècle)
  • équitation centrée, avec Wendy MURDOCH, élève de Sally SWIFT
  • équitation western avec Karine NEAU, Bernadette RUCKDASHEL et pendant ma formation à La Cense.
  • Hunter, avec Bernadette RUCKDASHEL
  • équitation de tourisme équestre avec Jean Pierre THOMAS et Didier LABOUCHE
  • initiation à l’attelage, avec Claire LEVIONNOIS, Louis BASTY et chez Pat PARELLI, aux USA

En 1996, j’avais découvert le Natural Parelli Horsemanship pendant le magazine du cheval sur France 3 et je me reconnaissais dans cette pratique.

Je désirais me former au Natural Horsemanship et surtout rencontrer Pat Parelli. Cela me paraissait malheureusement être un doux rêve à l’époque…

J’achetais tout de même son livre en 1998 et m’initiais à son enseignement avec mes chevaux de Mérens puis ma jument SF Carite de Bremorin achetée en 1999 afin de suivre la formation au BEES 1° avec elle.

Dans l’optique de devenir enseignante en équitation éthologique je décidais de passer mon tronc commun de sport qui était l’un des prérequis à l’entrée en formation BEES 1°.

Je l’obtins en Décembre 1999 à la maison de la jeunesse et des sports de Rennes.

En Août 2000 alors que je m’apprêtais à rentrer en formation BEES 1° , je découvrais une annonce très intéressante dans mon « Cheval Magazine » :

  • le Haras de la Cense à Rochefort en Yvelines cherchait des candidats pour participer à la première formation d’instructeurs en Natural Parelli Horsemanship en France et aux USA .

Je pris cette opportunité comme une chance pour moi et je décidais « de prendre ce train » ! Mon cœur avait parlé.

Je présentais donc ma candidature à l’équipe des dirigeants et responsables pédagogiques du  Haras de La Cense qui me sélectionna pour faire partie de la première promotion d’élèves instructeurs de la Cense.

En Septembre 2000 j’entrais en formation intensive et continue sur 2 ans avec 5 autres élèves convaincus et très motivés :

Ludovic d’Hautefeuille, Daniel Wiederkehr, Nolwenn Zollinger, Marie Marceau et Jordane Cavallini.

Etre précurseur dans cette formation unique et authentique puisque nous avons été formé à et par « la source » (Ronnie Willis, Pat Parelli et Andy Booth principalement ) fut LA grande chance de ma vie !

Ce fut une expérience équestre et humaine riche et unique.

Nous avons été formés à l’école de la Cense dans les Yvelines en France et au Montana aux USA en passant chez Pat Parelli au Colorado !

Tous les cinq, nous sommes devenus instructeurs PNH ( Parelli Natural Horsemanship) en Septembre 2002.

Nous avions acquis au delà de la technique, une attitude et une philosophie. Le Natural Horsemanship se vit. En natural horsemanship il n’ y a pas de règles mais juste une philosophie et des principes.

Nous sommes restés instructeurs dans le système Parelli jusqu’en 2005 puis nous sommes passés à le méthode La Cense avec Andy Booth.

En Janvier 2003 et 2004 nous sommes retournés aux USA pour assister à la conférence des instructeurs Parelli en Floride dans le cadre de notre formation continue. Nous avons ainsi enrichis notre savoir et rencontré des horsemen d’expériences.

Je dirais que la formation Parelli fut une belle aventure humaine !

Tout le monde sait maintenant que « les chevaux nous rendent plus humains. »

En Octobre 2002 je débutais mon activité d’instructeur Parelli en micro entreprise au Reuzel à Orgères à 10mn au sud de Rennes.

J’ai formé une cavalerie de Mérens pour monter mon école de formations en équitation éthologique.

En 2004 j’obtenais mon BFEE3 (Brevet Fédéral en équitation éthologique de niveau 3) puis mon BPJEPS par VAE en 2012.

Après plus de 12 ans d’expérience, je peux donc à mon tour former des professionnels à devenir entraîneurs et formateurs en équitation éthologique.

En Juin 2005 je m’installe en SCEA avec mon frère et ma mère en agriculture Biologique. Nous débutons alors une activité de pension équine au naturelle. Le Natural Horsemanship m’a conduit à élever et soigner les chevaux de manière la plus naturelle possible : ils vivent aux prés en troupeaux et leur alimentation de base est constituée de fibres (herbe et foin de notre ferme en agriculture Biologique) afin de respecter leurs besoins psychologique et physiologique. Le but étant d’avoir des chevaux biens dans leur tête et dans leur corps et bien dans leurs pieds aussi puisque nous pratiquons le parage naturel, sans fer.

Pour les soigner je m’intéresse à la médecine alternative : homéopathie ( Dr Genouël), phytothérapie ( AJC nature et mes lectures), aromathérapie ( d’après des lectures j’expérimente sur moi même et mes chevaux ), ostéopathie (Dr Deguen, Péchabrier, Le Collinet), shiatsu équin ( praticienne Anne Paget), sabots nus et podologie équine depuis 2006 méthodes Strasser puis KC La Pierre ( Laura Redon) …

Après ces années d’expérience en enseignement en équitation éthologique je me suis clairement rendue compte que par cette approche les chevaux révèlent les humains et les conduisent à se remettre en question et à évoluer personnellement. En demandant à mes élèves de devenir plus « cheval » et de développer avec lui une relation de confiance et de respect réciproque et un partenariat harmonieux basés sur l’Amour, le langage et le leadership je me suis aperçue que je travaille en fait plus sur le développement de l’humain et sa remise en question que sur celui du cheval pour qui cela est très naturel.

En réalité, c’est à l’Humain de se mettre à la porté du cheval et non l’inverse.

En enseignant à mes élèves à « penser et parler cheval » pour enseigner aux chevaux et ce grâce à des attitudes et des techniques afin de devenir le « leader protecteur », le référent de leur équidé, je constate de plus en plus que je développe chez eux des qualités humaines utiles pour mieux communiquer. Il leur faut développer des qualités d’observation, d’écoute, d’humilité, d’empathie, pour mieux comprendre leur cheval afin de créer avec lui une véritable et sincère relation de communication. Il leur faut être capable de lui présenter les choses de manière à ce qu’il soit capable de les comprendre et de les intégrer progressivement et patiemment.

Les humains doivent faire en sorte que leur idée devienne l’idée  du cheval.

« Faites en sorte que votre idée devienne l’idée de votre cheval » Ray Hunt Natural Horseman, un des maîtres en équitation éthologique.

En effet « Un cheval pense, ressent les choses, prend des décisions. Traitez-le comme un ami non comme un esclave. Vous devez savoir que quoiqu’il fasse, le cheval est dans son bon droit. Vous êtes entrés dans sa vie, pas le contraire. » Ray Hunt, ami de mon Maître, Ronnie WILLIS

J’invite mes élèves à entrer dans un processus de développement personnel passionnant.

En effet un leader est patient, persévérant, affirmé sans agressivité , stable sur les plans mental et émotionnel . Il est le plus malin… L’Humain se développe sur les plans mental, émotionnel et physique, il acquiert le SAVVY (savoir faire, maîtrise, connaissance…) du cheval à l’intérieur et à l’extérieur.

Par définition, un Horseman est : un Homme qui pense cheval, un Homme qui comprend le point de vue du cheval et ne lui en veut pas de se comporter comme une proie, un Homme qui sait comment nouer avec le cheval une relation particulière fondée sur l’amour, le langage et le leadership, un Homme qui enseigne à son cheval avec une infinie patience, qui sait aussi soigner et prendre soin de son cheval.

Les chevaux sont donc de bons enseignants pour l’Humain car avec eux il va acquérir des talents de communiquants qui se répercuteront dans sa vie de tous les jours. Ils lui feront accéder à l’essence même de la relation vraie.

Le Natural Horsemanship amène à un processus du développement individuel qui dit que « pour faire changer les chose, il faut commencer par changer soi-même. »

Au cours de son apprentissage l’humain passe ainsi par des phases de sentiments de frustration, de doute ou de colère mais c’est le prix à payer pour parvenir au changement. C’est l’expérience par laquelle il doit passer pour surmonter les barrières qui l’entravent sur le plan émotionnel.

Il doit être doux et indulgent avec lui même et ne pas voir un échec dans les événements, mais considérer les choses sous un angle positif en se disant qu’il est sur le point de progresser.

Au cours de son programme d’apprentissage il est amené à faire exactement l’inverse de ce à quoi il est habitué. Dans ces conditions il est normal qu’il doive effectuer des changements et qu’il fasse des erreurs.

L’élève en Natural horsemanship ou en équitation éthologique doit faire entière confiance à son enseignant qualifié, diplômé, expérimenté, ainsi qu’à son cheval et suivre le programme d’apprentissage sans chercher à le comparer (comparaison n’est pas raison) à ses pratiques précédentes quitte à les reprendre plus tard à la lumière des fondations issues de l’équitation éthologique, dans le but de progresser dans l’ordre des choses. Le « Oui, mais » est proscrit car il va à l’encontre de toutes les formes d’apprentissage et de progression. C’est la force des enfants d’avant 7 ans.

Je suis passionnée, curieuse et j’ai soif d’apprendre. Je continue d’apprendre et d’évoluer dans les domaines de l’équitation, de l’enseignement, des soins aux animaux, et de l’accompagnement de l’Humain avec les chevaux…
Evoluer et progresser c’est vivre!


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